Réduction de dose des biothérapies dans le psoriasis : recommandations et consensus international
Peut-on réduire les biothérapies dans le psoriasis quand la maladie est contrôlée ?
Les biothérapies ont révolutionné la prise en charge du psoriasis modéré à sévère, permettant d’obtenir une peau quasi normale chez de nombreux patients.
Cependant, une question se pose de plus en plus en pratique clinique mais également chez les patients contrôlés:
Faut-il maintenir ces traitements à pleine dose chez les patients en rémission ?
Un consensus international publié en 2025 dans le Journal of the European Academy of Dermatology and Venereology (JEADV) apporte pour la première fois un cadre structuré à la réduction de dose des biothérapies (dose reduction, DR).
Pourquoi réduire la dose des biothérapies dans le psoriasis ?
Les biothérapies ciblant :
- le TNFα
- l’IL-12/23
- l’IL-17
- l’IL-23
sont prescrites à dose fixe, quel que soit le niveau de réponse à long terme.
Chez les patients bien contrôlés, cela peut entraîner :
- un surtraitement
- une exposition prolongée non nécessaire
- un coût élevé pour le système de santé
La réduction de dose vise donc une médecine personnalisée, adaptée au profil du patient.
Consensus international 2025 : ce qu’il faut retenir
Méthodologie
- Étude de consensus eDelphi internationale
- 62 dermatologues experts
- 11 recommandations validées
- Élaboration d’un algorithme de réduction de dose
Quand proposer une réduction de dose ?
La réduction peut être envisagée si :
- le psoriasis est contrôlé depuis au moins 6 mois
- le patient est stable sous la même biothérapie
- la décision est prise en concertation médecin–patient
- une atteinte articulaire est évaluée si besoin
Quels critères utiliser ? PASI et qualité de vie
Les experts recommandent de combiner :
- PASI (Psoriasis Area and Severity Index) → évaluation clinique
- DLQI (Dermatology Life Quality Index) → impact sur la qualité de vie
Objectif : intégrer à la fois la sévérité de la maladie et le ressenti du patient.
Comment réduire la dose des biothérapies ?
Pour certaines biothérapies (adalimumab, etanercept, ustekinumab), la stratégie repose sur :
Un espacement progressif des injections
- Étape 1 : réduction modérée
- Étape 2 : réduction plus importante
- Intervalle de surveillance : 3 à 6 mois minimum
- Adaptation possible selon le patient
Que faire en cas de rechute ?
Bonne nouvelle :
le retour à la dose initiale permet généralement de retrouver l’efficacité du traitement
La réduction de dose est donc :
- réversible
- sécurisée
- compatible avec une pratique clinique prudente
Biothérapies récentes (IL-17, IL-23) : que dit la science ?
- Réduction de dose possible
- Mais données scientifiques encore limitées
Des études cliniques sont en cours pour mieux définir les stratégies optimales.
Regard patient : trouver le “juste traitement”
La réduction de dose peut être perçue comme :
- une opportunité de réduire les contraintes
- mais aussi une source d’inquiétude (rechute, perte de contrôle)
Elle nécessite :
- une information claire
- une décision partagée
- un suivi médical régulier
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À retenir
- La réduction de dose des biothérapies est envisageable chez certains patients
- Elle doit être progressive, encadrée et individualisée
- Elle repose sur le suivi PASI + qualité de vie
- Elle est réversible en cas de perte de réponse
Accéder au consensus publié dans le JEADV :
Références scientifiques
- Van Riel CMA et al. International eDelphi consensus on dose reduction of biologics in psoriasis. JEADV, 2025.
- Atalay S et al. Dose reduction strategies in psoriasis biologics: real-world data.
- Blauvelt A et al. Long-term safety of biologics in psoriasis.
- Benzaquen M et al. Immunogenicity and dose tapering in psoriasis.
- GUIDE Study – Guselkumab interval prolongation in super-responders.
- Nast A et al. EuroGuiDerm Guidelines for psoriasis.
- Smith CH et al. BAD guidelines for biologic therapy in psoriasis.
Publié le 27/04/2026






