Le vitiligo

Le vitiligo

Le vitiligo est une dermatose chronique. Il touche 1 à 2% de la population en Europe et dans le Monde. Il se caractérise par la destruction des mélanocytes (cellules responsables de la couleur de la peau). Il s’en suit une dépigmentation de la peau et parfois des cheveux. Cette dermatose est très affichante avec un retentissement très important sur la qualité de vie.

La genèse du vitiligo est complexe, associant des facteurs génétiques et environnementaux (traumatisme, stress oxydatif). Les mélanocytes devenant fragiles, ils sont sensibles aux frictions, ce qui se traduit par un phénomène de kobner qui se caractérise par le développement d’une dépigmentation sur une zone récemment traumatisée.

1% à 2%

de la population mondiale touchée par le vitiligo

On retrouve parfois des antécédents familiaux de vitiligo et à des antécédents familiaux ou personnels de maladie auto-immune. La recherche d’une maladie auto-immune de la thyroïde est préconisée dans certaines études.

Le diagnostic

Le diagnostic du vitiligo est clinique et ne nécessite aucun examen complémentaire. Exceptionnellement votre dermatologue réalisera une biopsie cutanée. L’utilisation d’une lampe de Wood, peut être utile pour déterminer avec précision l’étendue des lésions, en montrant un rehaussement blanc laiteux. 

On distingue deux grands groupes, en fonction de leur présentation clinique et leur profil évolutif :  

Le vitiligo non segmentaire :

Forme plus généralisée, la plus commune. Il se présente sous forme de macules (plaques sans relief, planes) de taille variable, achromiques (blanches, décolorée), bien limitées, sans atrophie ni infiltration (consistance de peau normale). Les lésions sont habituellement bilatérales et symétriques, localisées aux zones de frottement (membres, tronc, mains, coudes, genoux, visage…). Les poils et les cheveux peuvent être blancs en regard des plaques (leucotrichie). Il peut toucher l’ensemble du corps, réalisant un « vitiligo universalis »

vitiligo-non-segmentaire

Le vitiligo segmentaire :

Plus rare, il est habituellement unilatéral, localisé sur une zone anatomique (front, épaule  …) avec parfois une disposition en bande.

Le vitiligo peut survenir à tout âge mais près de 50% des patients débutent leur maladie avant l’âge de 20 ans. Le vitiligo segmentaire à un âge d’apparition plus précoce que le vitiligo non segmentaire.

Traitement

Il n’existe pas de traitement curatif du vitiligo.  Le traitement dépend de la forme clinique, de la localisation et de l’étendue des lésions. Il est important de rapidement traiter un vitiligo actif.  Le traitement est fastidieux et long (plusieurs mois).

Les objectifs du traitement sont de :

  • Stabiliser la maladie
  • Stimuler la pigmentation des lésions
  • Prévenir les récidives

Pour le vitiligo universalis, une dépigmentation de la peau normale résiduelle sera discutée avec le patient.

Un camouflage cosmétique (si désiré) est recommandé pour tous les patients afin de les aider à faire face au fardeau psychosocial de la maladie.

Le choix du traitement dépend du profil évolutif  (maladie active/ stable), de l’étendue et de la localisation des lésions. Il faudra systématiquement éviter les traumatismes cutanés.  A noter que sans ultra-violets (UV) , naturels ou en cabine, la repigmentation du vitiligo parait difficile.

Les corticostéroïdes topiques ou les inhibiteurs de la calcineurine sont le traitement de première intention lorsque la surface corporelle est limitée.  

Pour les formes étendues, la photothérapie UV-B-TL01, 2-3 fois/ semaine est indiquée.

Une corticothérapie systémique (mini pulse de cortisone) est efficace sur le vitiligo actif.

Les greffes de mélanocyte sont indiquées dans le vitiligo localisé, stable (depuis au moins 1 an) et le vitiligo segmentaire.

Pour éviter les récidive (40-50% dans la première année) , un traitement d’entretien par des traitements locaux (corticoïdes, tacrolimus) et UV thérapie sont préconisés.

De nombreuses perspectives thérapeutiques sont actuellement discutées. On citera les inhibiteurs de la voie JAK en topique et per os, qui ont déjà montrés leur efficacité dans cette maladie.

Références

1-Bergqvist C, Ezzedine K. Vitiligo: A Review. Dermatology. 2020;236(6):571-592.2-Bergqvist C, Ezzedine K. Vitiligo: A focus on pathogenesis and its therapeutic implications. J Dermatol. 2021 Mar;48(3):252-270. 

Auteur : Dr Inés ZARAA, service de Dermatologie, Hôpital saint Joseph, Paris.