Pelade : pourquoi cette maladie change aujourd’hui de visage grâce à la recherche
L’apparition soudaine d’une plaque sans cheveux, parfois en quelques jours, reste pour de nombreux patients une expérience particulièrement déstabilisante.
Parce qu’elle touche directement l’image de soi, parce qu’elle survient souvent sans signe annonciateur, pelade suscite immédiatement inquiétude, incompréhension et nombreuses interrogations.
Longtemps perçue comme une pathologie bénigne en raison de l’absence de douleur ou de gravité organique immédiate, elle est aujourd’hui reconnue comme une véritable maladie inflammatoire auto-immune, dont le retentissement psychologique peut être majeur et dont les mécanismes biologiques font l’objet d’avancées importantes.
Une maladie auto-immune du follicule pileux
La pelade correspond à une réaction immunitaire anormale dirigée contre le follicule pileux, entraînant un arrêt brutal de la croissance du cheveu.
Le follicule n’est cependant pas détruit, ce qui explique qu’une repousse reste possible, spontanément ou sous traitement.
Cette caractéristique distingue la pelade des alopécies cicatricielles.
Selon l’article publié sur Cairn.info, cette physiopathologie explique la très grande variabilité clinique observée d’un patient à l’autre.
Des formes cliniques multiples
La forme la plus fréquente reste la pelade en plaques : une ou plusieurs zones bien limitées de chute de cheveux sur un cuir chevelu d’aspect normal.
Mais plusieurs présentations existent :
- pelade en plaques localisées
- forme ophiasique
- pelade totale
- pelade universelle
- atteinte des sourcils, des cils ou de la barbe
- formes diffuses
Le diagnostic repose avant tout sur l’examen clinique, souvent aidé par la dermoscopie.
Une évolution difficile à prévoir
Certaines plaques repoussent spontanément. D’autres évoluent par poussées successives ou deviennent plus étendues.
Les facteurs de sévérité connus incluent :
- début précoce
- atteinte extensive
- atteinte unguéale
- terrain auto-immun associé
Pelade et maladies associées
La pelade peut parfois s’intégrer dans un terrain auto-immun plus large.
Certaines maladies sont plus fréquemment associées :
- Vitiligo
- Thyroïdite de Hashimoto
- Dermatite atopique
- Maladie cœliaque
Cette association ne signifie pas qu’un patient développera nécessairement une autre maladie, mais elle justifie parfois un interrogatoire clinique élargi et, selon le contexte, des explorations complémentaires.
Une prise en charge thérapeutique adaptée
Les traitements sont choisis selon l’étendue de la maladie et son retentissement.
Dans les formes limitées :
- dermocorticoïdes
- infiltrations locales de corticoïdes
- traitements stimulants associés
Dans les formes plus étendues :
- traitements systémiques
- immunothérapies locales
- photothérapie dans certaines situations
Une recherche qui transforme les perspectives
Les avancées immunologiques récentes ont permis d’identifier des voies inflammatoires clés impliquées dans la pelade.
Cette meilleure compréhension ouvre aujourd’hui la voie à des traitements ciblés agissant directement sur les mécanismes responsables de la maladie.
Plusieurs stratégies sont encore à l’étude :
- molécules ciblées de nouvelle génération
- optimisation des réponses prolongées
- réduction des rechutes
- identification de biomarqueurs prédictifs
La pelade fait aujourd’hui partie des maladies dermatologiques bénéficiant d’un réel dynamisme de recherche.
Ce qu’il faut retenir aujourd’hui sur la pelade
Dans ce 3ème épisode, nous vous invitons à découvrir la pelade à travers le regard expert du Dr François Maccari et l’histoire de Jeanne.
Conclusion
La pelade illustre aujourd’hui combien les progrès de la recherche peuvent modifier en profondeur le regard porté sur une maladie, en faisant émerger de nouvelles réponses là où dominaient encore récemment l’incertitude et l’attente.
Sources
- Hébert V. Description et diagnostic des différentes formes cliniques de la pelade. Revue Dermato Mag. 2026;HS3:9. Disponible sur : https://stm.cairn.info/revue-dermato-mag-2026-HS3-page-9?lang=fr
- Strazzulla LC, Wang EHC, Avila L, Lo Sicco K, Brinster N, Christiano AM. Alopecia areata: Disease characteristics, clinical evaluation, and new perspectives on pathogenesis. J Am Acad Dermatol. 2018;78(1):1-12. Disponible sur : https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/29241771/
- MSD Manual Professionnel. Pelade (Alopecia areata). 2024. Disponible sur : https://www.msdmanuals.com/fr/professional/troubles-dermatologiques/troubles-des-cheveux-et-des-poils/pelade-alopecia-areata
Publié le 25/03/2026











