Taches choisies, taches subies : tatouage et Vitiligo
Le vitiligo, qu’est-ce que c’est ?
Le vitiligo est une affection cutanée fréquente qui se traduit par l’apparition de taches blanches sur la peau. Ces zones dépigmentées résultent de la disparition des mélanocytes, les cellules responsables de la fabrication de la mélanine, le pigment qui donne sa couleur à la peau.
Il s’agit d’une maladie d’origine auto-immune : le système immunitaire cible et détruit ses propres mélanocytes. Le vitiligo n’est ni contagieux, ni douloureux, et n’altère pas l’état de santé général. Il touche environ une personne sur cent dans le monde2, quel que soit le type de peau, et peut apparaître à tout âge. Son retentissement est avant tout esthétique et psychologique, et il varie beaucoup d’une personne à l’autre.
Une maladie qui ne se limite pas à la peau
Le vitiligo s’accompagne souvent d’autres affections auto-immunes, qu’il est utile de rechercher. La plus fréquente est de loin la dysthyroïdie auto-immune (thyroïdite de Hashimoto ou maladie de Basedow), qui concerne environ 15 à 20 % des personnes ayant un vitiligo généralisé2.
Comorbidités les plus fréquentes
- Thyroïdite auto-immune (Hashimoto, Basedow) — la plus fréquente
- Diabète de type 1
- Polyarthrite rhumatoïde
- Maladies inflammatoires chroniques de l’intestin (plus rarement)
Retentissement psychologique : anxiété, baisse de l’estime de soi, parfois dépression.
C’est pourquoi un bilan ciblé (notamment thyroïdien) et une attention au vécu de la maladie font partie d’une bonne prise en charge.
Vers une prise en charge globale et personnalisée
Longtemps, on a cru qu’il n’y avait « rien à faire » contre le vitiligo. Ce message a changé. Les recommandations internationales récentes redéfinissent la façon d’évaluer la maladie : on apprécie désormais son étendue, son activité (poussée en cours ou non) et le risque de rechute, afin d’adapter le traitement à chaque patient.2,3
Concrètement, l’étendue se mesure en surface corporelle atteinte : moins de 3 % correspond à une forme légère, de 3 à 10 % à une forme modérée, et 10 % ou plus à une forme sévère, mais la sévérité tient compte aussi du retentissement psychologique et des zones visibles.3
L’objectif d’une prise en charge globale est triple : stopper la progression, favoriser la repigmentation (un processus lent, de 6 à 24 mois) et prévenir les rechutes — tout en plaçant le patient au cœur de la décision et en tenant compte du retentissement psychologique.2
La recherche avance
La prise en charge progresse vite. Le ruxolitinib en crème (Opzelura) est le premier traitement du vitiligo autorisé et remboursé en France, disponible depuis le 1ᵉʳ février 2024 pour le vitiligo non segmentaire avec atteinte du visage, chez l’adulte et l’adolescent de plus de 12 ans.4
D’autres molécules sont aujourd’hui à l’étude, notamment d’autres inhibiteurs de JAK (par voie locale ou orale).2 Autrement dit, de nouvelles options pourraient voir le jour dans les années à venir.
NOUVEL ÉPISODE — PODCAST « DANS LA PEAU »
Vitiligo : comprendre et agir
Chloé ne cache plus son vitiligo : elle en a fait sa signature.Dans ce nouvel épisode de “Dans la peau”, Chloé partage son histoire avec le vitiligo. Le moment où tout bascule, le poids du regard des autres, le rapport à l’image de soi… puis, peu à peu, le chemin vers l’acceptation et la réappropriation de sa peau. Aujourd’hui, elle a choisi de ne plus cacher ses taches mais de les révéler.
À travers le mannequinat, Chloé transforme cette différence en force, en message, en opportunité : celui de changer les regards et de faire de sa peau une signature.
À ses côtés, le Dr Inès Zaraa apporte son éclairage médical : mieux comprendre la maladie, déconstruire les idées reçues et faire le point sur les avancées de la recherche, qui ouvrent aujourd’hui de nouvelles perspectives.
Un échange sincère et éclairant, à la croisée du vécu et de la science.
Un épisode pour mieux comprendre le vitiligo, se sentir moins seul, mieux armé pour avancer et reprendre le chemin d’une prise en charge apaisée et éclairée.
Un podcast à écouter en audio et à découvrir également en vidéo.
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Avec le soutien institutionnel des laboratoires Incyte.
Un podcast Reso-dermatologie, produit par l’agence Calliopé.
Peut-on se faire tatouer quand on a un vitiligo ?
C’est une question que beaucoup de patients se posent. Vivre avec un vitiligo n’empêche pas, en soi, de se faire tatouer. Mais quelques précautions méritent d’être connues avant de se lancer.
Le point clé est ce que les dermatologues appellent le phénomène de Koebner : chez les personnes atteintes de vitiligo, un traumatisme de la peau soit frottement, coupure, brûlure… ou aiguille de tatouage, peut parfois déclencher l’apparition de nouvelles taches dépigmentées à l’endroit concerné. Le geste du tatouage étant par nature une effraction de la peau, il est important d’en parler au préalable à son dermatologue et de bien choisir le moment et la zone.
Vivre avec un vitiligo n’empêche pas de se faire tatouer à condition de connaître quelques repères.
Une fiche-conseil dédiée
Pour accompagner les patients qui envisagent un tatouage, la Task Force « Tattoo & body art » de l’Académie européenne de dermatologie et de vénéréologie (EADV) a publié une fiche-conseil claire et pratique, rédigée par le Dr Nicolas Kluger.1 Elle explique quand et comment une personne atteinte de vitiligo peut se faire tatouer en toute sérénité, et peut être remise directement par le dermatologue en consultation.
Besoin d’écoute, de conseils : plus d’informations sur le site de l’association de patients, France Vitligo.
Ressources :
- Kluger N. Tatouages et vitiligo. Ann Dermatol Vénéréol – FMC. 2026. doi:10.1016/j.fander.2026.01.014
- Seneschal J, Speeckaert R, Taïeb A, et al. Worldwide expert recommendations for the diagnosis and management of vitiligo: international Vitiligo Task Force — Part 2. J Eur Acad Dermatol Venereol. 2023;37(11):2185-2195. doi:10.1111/jdv.19450
- Eleftheriadou V, et al. International consensus on the definition of vitiligo severity and relapse. JAMA Dermatol. 2026. (Sévérité : surface corporelle <3 % = légère ; 3–10 % = modérée ; ≥10 % = sévère.)
- Haute Autorité de Santé. OPZELURA (ruxolitinib) — vitiligo : avis de la Commission de la transparence, 18 octobre 2023. Remboursement : arrêté du 26 janvier 2024 (Journal officiel du 31 janvier 2024).
- Association Française du Vitiligo. Nouveaux traitements du vitiligo : des avancées prometteuses. 2024. afvitiligo.com
Cet article a une vocation d’information générale et ne remplace pas un avis médical. En cas de doute ou de projet de tatouage, parlez-en à votre dermatologue.









